Ercole Amante – Cavalli

Opéra Royal de Versailles le 24 novembre 2019

Note : 5 sur 5.

Maître de l’opéra baroque vénitien, Cavalli a composé cet ‘Ercole amante’ (Hercule amoureux) en l’honneur du mariage de Louis XIV avec l’infante d’Espagne. L’œuvre réunit tous les éléments constitutifs de l’opéra baroque au point d’en devenir une sorte d’archétype : le livret sur une trame mythologique mêle habilement le tragique au comique, et l’émerveillement continu du spectateur est assuré par l’expression poétique des émotions des personnages associées aux phénomènes naturels et cosmiques. Sur le plan musical, la partition de Cavalli est irrésistible ; les splendides lamentos et les ensembles vocaux (duos, trios, quatuor) sont autant de moments de grâce, et l’excellent ensemble Pygmalion nous gratifie de fastes orchestraux et choraux inoubliables. La mise en scène inventive parachève cette véritable fête des sens !
Ensemble Pygmalion, direction Raphaël Pichon

Luigi Rossi – Philippe Jaroussky – Céline Scheen

Salle Gaveau le 12 novembre 2019

Note : 4 sur 5.

Compositeur majeur du premier baroque italien, le romain Luigi Rossi rencontra le succès en France grâce à son opéra Orfeo déjà chroniqué dans ces pages (Versailles 2016). La puissante charge émotionnelle de ses lamentos (‘Mio ben’, ‘Lasciate averno’,…) est servie ce soir par des interprètes hors pair rompus à ce répertoire : le timbre si fragile et émouvant de Philippe Jaroussky, la grâce ineffable de Céline Scheen et le continuo raffiné de Christina Pluhar font de cette soirée un moment de pure poésie.

Présentation de la saison musicale 2019/2020

Opéra Royal de Versailles le 14 septembre 2019

Note : 4 sur 5.

Répondant à l’invitation de Château de Versailles Spectacles, nous étions hier à la soirée de lancement de la saison musicale 2019/2020 à l’Opéra Royal et dans les jardins. Cette saison est marquée par le 250e anniversaire de l’inauguration de l’Opéra Royal, salle qui a très peu servi sous l’ancien régime et aux 19e et 20e siècles. Il a fallu attendre 2009 pour voir renaître le château de Versailles comme lieu attitré de concerts et de spectacles vivants, mais l’attente en valait la peine : la trentaine de représentations auxquelles j’ai assisté depuis 2010 étaient toutes de grande qualité, voire purement et simplement exceptionnelles… J’ai hâte de retrouver le talentueux chef Raphaël Pichon dans Cavalli et Praetorius !

Iphigénie en Tauride – Gluck

Théâtre des Champs-Elysées le 24 juin 2019

Note : 5 sur 5.

Retrouver la quintessence de la tragédie grecque : tel est l’esprit de la réforme de l’opéra entreprise par Gluck. Et il est vrai que le drame affleure à chaque instant dans son chef d’oeuvre Iphigénie en Tauride (1779), à l’affiche du théâtre des Champs Elysées en ce 24 juin 2019. La sublime Gaëlle Arquez y trouve un rôle à la mesure de son talent – inoubliable air ‘Ô malheureuse Iphigénie’ – aidée en cela par la mise en scène épurée de Robert Carsen. L’art de la prosodie et de la déclamation propre à la tragédie lyrique y est porté à son plus haut degré d’achèvement.

Le sacre de Louis XIV

Chapelle Royale de Versailles le 15 juin 2019

Note : 5 sur 5.

La reconstitution musicale du sacre royal de Louis XIV par l’ensemble Correspondances et son chef Sébastien Daucé est l’occasion de découvrir de somptueuses partitions de compositeurs anonymes ou méconnus tels Moulinié et Boësset. Le concert intelligemment mis en espace immerge l’auditeur dans de multiples ambiances sonores, alternant le recueillement du plain-chant et des interventions solistes avec le faste inouï des tutti sollicitant l’orchestre d’instruments anciens et les larges forces chorales en présence, adultes et enfants réunis. Ces trésors de polyphonies françaises du Grand Siècle impressionnent par leur intense beauté.

La Finta Pazza – Sacrati

Opéra Royal de Versailles le 17 mars 2019

Note : 4 sur 5.

Premier opéra joué en France devant le jeune Louis XIV âgé de 7 ans, la ‘Finta Pazza’ de Sacrati (la fausse démente) est un enchantement théâtral et musical. Le livret au dramatisme sans temps mort est remarquablement mis en musique par Sacrati, le spectateur étant constamment émerveillé par la dense beauté de la partition. Le rapport entre le texte et la musique est extrêmement abouti, en particulier dans la mémorable scène de la folie, la première de l’histoire de l’opéra. A cela s’ajoute la mise en scène évocatrice de Jean Yves Ruf, et des chanteurs et chanteuses remarquables. Un nouveau sommet de l’opéra baroque redécouvert !

Direction Leonardo Garcia Alarcon.

Vêpres de la Vierge – Monteverdi

Chapelle Royale de Versailles le 10 février 2019

Note : 5 sur 5.

Un concert stupéfiant de beauté cet après-midi à la chapelle royale de Versailles, qui m’a fait découvrir sous un jour nouveau une œuvre que je fréquente depuis longtemps, les Vêpres de la Vierge de Monteverdi. Raphaël Pichon et son ensemble Pygmalion entouré par des solistes de grande classe ont su faire surgir une émotion intense dans chacune des pages de ce chef d’œuvre absolu. La haute inspiration de Monteverdi pour louer et célébrer la sainte Vierge se trouve magnifiée par cette interprétation habitée d’une ferveur mystique.

Un véritable ‘paradis du chant’, selon la judicieuse expression d’André Tubeuf… (cf. commentaires)

Actéon – Pygmalion – Rameau

Opéra Royal de Versailles le 2 décembre 2018

Note : 4 sur 5.

Deux opéras pour le prix d’un : c’était la proposition de l’Opéra Royal de Versailles cet après-midi, avec les représentations d’Actéon de Charpentier et de Pygmalion de Rameau par les troupes canadiennes de l’Opéra Atelier de Toronto. Cet habile couplage met en regard le destin tragique et poignant d’Actéon à la célébration de l’Amour imaginée par Rameau dans son opéra-ballet. Succès mérité lors des saluts, grâce à l’engagement artistique sans faille d’une équipe dont le répertoire baroque français est un cheval de bataille.

Descente d’Orphée aux Enfers -Charpentier

Auditorium du Louvre le 12 octobre 2018

Note : 4 sur 5.

Très émouvante Descente d’Orphée aux enfers de Charpentier ce soir par l’ensemble Correspondances et son chef Sébastien Daucé, la musique baroque française à son meilleur !