Précédée d’une réputation flatteuse, la soprano lettonne Marina Rebeka consacre son récital parisien de « L’instant lyrique » à des mélodies italiennes et russes (Verdi, Respighi, Tchaïkovski, Rachmaninov,…). Verdict : elle est tout simplement l’une des plus grandes voix d’opéra au monde actuellement !
Il se dégage de l’extrême raffinement des polyphonies anglaises de la Renaissance un sentiment de sérénité et d’apaisement, que les compositeurs (Tallis, Byrd, White, Morley,…) devaient probablement rechercher au milieu des agitations politiques et religieuses de la société élisabéthaine. L’ensemble Vox Luminis restitue ce soir avec sa perfection coutumière ces musiques sublimes, qui rapprochent l’auditeur du paradis…
Premier chef d’oeuvre de l’opéra, l’Orfeo de Monteverdi (1607) allie théâtre et musique pour exprimer de façon poétique les sentiments humains. Son pouvoir dramatique culmine dans la déchirante invocation ‘Possente spirto’, dans laquelle Orphée tente de convaincre par la beauté de son chant le dieu des Enfers de libérer Eurydice. Et l’auditeur de se laisser charmer, comme Pluton, par le talent d’Orphée…
Direction : Jordi Savall Mise en scène : Pauline Bayle Orphée : Marc Mauillon
Reprise des concerts à Versailles avec les peu connus Chandos Anthems de Haendel, par l’ensemble Marguerite Louise et la soprano québécoise Florie Valiquette. Comme d’habitude, la musique de Haendel est géniale 🙂! Son répertoire regorge décidément de pépites à découvrir…
La soprano Léa Desandre accompagnée de l’ensemble Jupiter, groupe de jeunes et talentueux musiciens autour du luthiste Thomas Dunford, s’emparent avec bonheur d’airs d’opéras et de concertos de Vivaldi.
Le récital de Cécilia Bartoli est consacré au répertoire des castrats au temps de Haendel et ses contemporains (Porpora, Caldara,…). Les nombreux airs avec instruments solistes (trompette, hautbois, flûte, violoncelle) démontrent si besoin en était toute sa virtuosité, mais sans que cela soit un obstacle à l’émotion (superbes notes filées). L’énergie communicative qu’elle déploie sur scène se transmet au public qui lui réserve des saluts enthousiastes. En complément, Château de Versailles Spectacles nous a offert un moment musical privilégié à la Chapelle Royale : l’interprétation de la 3ème Leçons de Ténèbres de Couperin par l’ensemble Marguerite Louise.
La production lyrique de Vivaldi fait montre d’une richesse mélodique inouïe, même si elle n’échappe pas à certaines conventions de l’opéra baroque. Le gala Vivaldi du TCE réunit ce soir 4 artistes d’exception rompus à ce répertoire : Philippe Jaroussky est toujours émouvant dans les airs élégiaques (‘Vedro con mio diletto’), tandis qu’Emoke Barath déploie les vocalises échevelées de l’aria ‘Alma oppressa’ avec une aisance confondante. La vaillance du ténor Emiliano Gonzalez-Toro fait merveille dans les traits rapides de ‘Non tempesta’, et la mélancolie de l’air ‘Sovvente il sole’ sied parfaitement au timbre moiré de la contralto Lucile Richardot. L’excellent ensemble Le concert de la Loge dirigé par Julien Chauvin rend justice à la savante écriture pour cordes de Vivaldi et contribue largement à la réussite de la soirée.
Vers 1600, au début de la période baroque, les compositeurs allemands Michael et Hieronymus Praetorius façonnèrent le répertoire luthérien en publiant des recueils regroupant de nombreux psaumes, motets et magnificats influencés par le style polychoral vénitien alors novateur, et destinés à de grands effectifs. Le talentueux chef Raphael Pichon y a puisé le programme de Vêpres imaginaires, selon le modèle de Monteverdi. Son ensemble Pygmalion brille de mille feux dans cette véritable fête chorale où le grandiose est au service de l’expression d’un absolu spirituel et sensuel, procurant un délectable sentiment d’ivresse sonore.
Influencé par l’école polychorale vénitienne, Schutz a produit avec ses Psaumes de David l’un des premiers chefs-d’œuvre du répertoire baroque allemand. Puisant parmi les pièces les plus spectaculaires, Geoffroy Jourdain et son ensemble Les Cris de Paris les interprètent avec tout l’éclat et la magnificence nécessaires, usant de la spatialisation pour renforcer l’immersion de l’auditeur. Le contraste est d’autant plus saisissant avec les morceaux inspirés à Schutz par le Cantique des cantiques, d’une sublime intériorité.
Inspiré d’une trame biblique, l’oratorio « Saül » voit son puissant souffle tragique très bien servi par la mise en scène inspirée et haute en couleurs de Barrie Kosky. Les solistes ne sont pas en reste, faisant passer au public du Châtelet la diversité des climats voulue par Haendel (la compassion, l’invocation, le deuil, la folie, la rage, l’angoisse, la prière, etc), qui démontre l’extraordinaire compréhension qu’a le compositeur de la psychologie humaine à travers la musique. Les nombreux morceaux polyphoniques dévolus au chœur achèvent de désarmer le spectateur face au génie musical de Haendel, qui éclate une fois de plus au grand jour dans ce chef-d’œuvre de l’art dramatique.