Le cadre formaté de l’opéra seria (succession d’arias da capo et de récitatifs) est un moyen pour Haendel de peindre les passions humaines par une musique de grande qualité. Sublimés par une distribution en état de grâce (Jeanine de Bique, Gaëlle Arquez, Elsa Benoît,…), les airs inoubliables sont nombreux (‘Ah mio cor’, ‘Credete al mio dolore’, ‘Ombre pallide’, ‘Mi restano le lagrime’, etc), et la mise en scène luxueuse de Robert Carsen ajoute à la réussite de la soirée.
Le retour à une vie ‘normale’ d’avant Covid tarde à se préciser, mais quel type de vie ? Haendel a la réponse… « L’allegro, il penseroso ed il moderato » est un chef d’oeuvre lyrique unique dans la production de Haendel (1740). Le livret est adapté de deux poèmes célèbres de Milton (1645), l’allegro (l’homme joyeux) et il penseroso (l’homme songeur), décrivant deux modes de vie opposés : l’un tourné vers la recherche des plaisirs, l’autre vers la contemplation et l’étude. Haendel y adjoint un troisième personnage, il moderato (l’homme pondéré), représentant un juste milieu auquel la raison permet d’accéder. Le génie musical de Haendel s’y exprime à de nombreuses reprises, et se combine merveilleusement avec le sens et la beauté des vers, comme en témoigne le chœur sublime dévolu au penseroso auquel je suis le plus sensible : « These pleasures, Melancholy, give, And we with thee will choose to live » Accorde-nous tous ces plaisirs, Mélancolie, Et avec toi nous passerons notre vie.
Ensemble Les arts florissants, direction William Christie
Un sommet absolu de l’opéra baroque redécouvert avec la superbe recréation du ‘Palazzo incantato’ (Le palais enchanté, 1642) du génial Luigi Rossi, au livret écrit par le futur pape Clément IX (!). Les superlatifs manquent face à cette œuvre fleuve de sept heures à la création (réduit à 3h30), mobilisant des effectifs pléthoriques (16 solistes, doubles et triples choeurs, orchestre fourni). Ce spectacle total représente l’apothéose de l’opéra romain, avant son interdiction par un pape mal inspiré…
Œuvre emblématique du répertoire, les Noces de Figaro de Mozart, dans la somptueuse mise en scène du cinéaste James Gray, et une distribution éblouissante…
Cupid and Death (Cupidon et la Mort), de Matthew Locke, œuvre hybride du genre ‘mask’ (masque) mêlant théâtre et chant, sorte de comédie musicale avant l’heure (1653). Inspiré d’une fable d’Ésope, le livret imagine l’interversion tragi-comique des flèches tirées par Cupidon et la Mort : les jeunes amants se meurent, et les vieillards tombent amoureux. Les passages loufoques montrent un humour british digne des Monty Python, le tout combiné à une musique baroque de bon aloi…
Ensemble Correspondances Direction Sébastien Daucé
Gala d’anthologie pour les 20 ans du Concert d’Astrée dirigé par Emmanuelle Haïm, avec une pléiade de chanteurs et chanteuses réputés. Au programme : de l’opéra baroque avec des airs de Rameau, Campra, Purcell et Haendel… (le meilleur pour la fin)
Les Vêpres de la Vierge de Monteverdi (1610) réalisent une synthèse brillante entre la polyphonie de la Renaissance et les lignes mélodiques expressives du baroque naissant. Les richesses de ce chef-d’œuvre absolu ne s’épuisent pas même après de nombreuses écoutes. Bien qu’ayant en mémoire les concerts insurpassables de Gardiner et de Pichon à Versailles, l’interprétation des forces musicales réunies par Leonardo Garcia Alarcon rend justice à ce monument chatoyant de la musique sacrée européenne.
Soirée sur invitation au château de Versailles pour l’annonce de la nouvelle saison musicale 2021/2022. La présentation par Laurent Brunner des (nombreux) temps forts de la saison était agrémentée de moments musicaux par l’orchestre de l’Opéra Royal, la soprano Florie Valiquette et le pianiste Andrew von Oeyen. Le cocktail se tenait cette année dans la salle des croisades.
Les complices de longue date Philippe Jaroussky, Céline Scheen et Christina Pluhar réunis salle Gaveau pour de magnifiques airs d’oratorios de Caldara et l’incontournable Stabat Mater de Pergolèse…
Précédée d’une réputation flatteuse, la soprano lettonne Marina Rebeka consacre son récital parisien de « L’instant lyrique » à des mélodies italiennes et russes (Verdi, Respighi, Tchaïkovski, Rachmaninov,…). Verdict : elle est tout simplement l’une des plus grandes voix d’opéra au monde actuellement !